Qu'est ce que nous évoque le mot de "pionnière" ? Pourquoi parle t on de pionnières et qui parle de pionnières ? Comment ces femmes sont placées dans cette catégorie de "pionnière" ?
Qui sont ces femmes que l'on qualifie communément d'aventurières ou de pionnières ?
Etre pionnière est-ce décider d'innover quelque chose d'inédit ?
Il y a une notion d'"aventure" au sens d'une rupture avec les normes, la routine, les codes, les coutumes, les rites. Refus de suivre la morale commune. Rupture avec le conformisme. Contestation. Idée de transgression, de déviance.
On pourra lire à propos des "pionnières", ici et là :
J'ai noté quelques extraits :
*Femmes différentes des autres par leur force et leur particularité. Savoir connaître leur instinct et soutenir leur désir.
*Ne laisser personne, aucun être, aucune idée, aucune peur, les détourner de l'essentiel.
*Evolution de la société, de l'image de la femme et de la place qu'elle revendique.
*Aujourd'hui, voir une femme à moto est devenue quelque chose d'ordinaire.
*Avant que mai 68 ne vienne revendiquer l'égalité des sexes et la liberté individuelle, il y avait des choses destinées aux hommes et d'autres réservées aux femmes.
*Pourquoi partent elles à l'aventure ? Parfum de liberté. L'obéissance, c'est la mort. Leur curiosité du monde et la quête de leur propre vérité passe par ce courage là : celui de désobéir. Qu'est-ce que l'aventure au féminin. Soif de vérité. Curiosité. Sentiment de ne pas appartenir à la société qui les entoure. Peur, immense crainte de ne jamais se réaliser. Partager le même besoin de se distinguer, le même orgueil, la même solitude.
*Elles contestent les idées reçues.
*Si la guerre était une activité masculine, l'occupation des postes de travail vacants par les femmes restées au pays ne revêtait pas le caractère d'un droit, mais celui d'une nécessité ne devant pas remettre en cause l'ordre établi. Pourtant, après la Grande Guerre, les choses allaient changer peu à peu.
*Dans ce contexte, conduire un véhicule à moteur, qui plus est une moto, n'était pas bien vu dans les milieux populaires. Pourtant il y a dans l'histoire de la moto féminine des actrices aussi brillantes et extraordinaires que modestes et simples. Certaines femmes ont aimé la moto, comme loisir, comme moyen de voyage et de rencontre, comme objet de liberté.
Elles ont simplement vécu avec détermination une passion encore peu autorisée aux femmes : celle de la liberté.
Dans les années 50, peur du qu'en-dira-t'on tient les femmes à l'écart de la moto.
*De la nuit des temps jusqu'au 20e siècle, dans les pays latins du sud de l'Europe, les femmes appartiennent stricto sensu aux mâles de leur famille. Elles appartiennent légalement à leur père quand elles sont vierges, à leur époux quand elles sont mariées, à leurs fils quand elles sont veuves.
"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Ni de réussir pour persévérer". Annemarie Schwartzenbach, aventurière non motarde.
Article dans "motos sport Suisse", 09.09.04
Livre "Elles ont conquis le monde" 1850-1950, Alexandra Lapierre et Christel Mouchard, 2007
Et la culture motarde dans tout ça ?
Culture propre et particulière, avec ses rites, ses codes, ses valeurs, parfois vue comme dangereuse et agressive. Elle peut être qualifiée de sexiste, voire de machiste.